Sun 19 Nov 2006
Dernièrement je discutais des nouveautés du web avec des amis et l’un d’eux nous a posé une question candide mais pas aussi simple à répondre : Au fait c’est quoi le web 2.0 ?
L’un des amis a répondu : Le web 2.0 se sont les nouveaux sites qui intègrent des nouvelles technologies (tel que Ajax) et des nouvelles fonctionnalités (tel que le tagging) qui leur permet de devenir plus interactifs et plus facile à utiliser par les internautes.
N’étant pas totalement faux et n’ayant pas mieux à répondre sur le tas, j’ai préféré penser à la question et revenir avec une réponse plus développée.
I. Alors c’est quoi le web 2.0 ?
Je sais que la question n’est pas facile et qu’on peut y répondre selon différents angles c’est pour cela que je vais commencer la réponse par « selon moi ».
Selon moi le web 2.0 est un web où l’utilisateur a un pouvoir d’action sur le contenu qu’il trouve. Ce pouvoir d’action s’exprime par deux choses :
1. La possibilité d’intervention
2. La possibilité de partage
1. L’intervention :
Dans le web 2.0 les utilisateurs ont la possibilité de noter un contenu, de le tagger, de le commenter, de l’altérer, de le visualiser sur différents supports et différentes interfaces, de le classer, d’en créer un nouveau et même de poster leur propre contenu. La notion d’intervention comprend aussi la notion de collaboration, qui est en quelque sorte une intervention collective sur un contenu.
2. Le partage :
Les utilisateurs des ressources web 2.0 peuvent facilement partager un contenu (ou leur contenu) avec d’autres utilisateurs bien définis ou avec tous les internautes. Cette facilité a alimenté la croissance du phénomène des communautés sur internet.
II. Pourquoi est-il difficile de définir le web 2.0 ?
La difficulté à définir le web 2.0 réside dans la confusion (volontaire ou involontaire) qu’on fait entre les objectifs et les moyens, entre les finalités et les outils, entre les usages et les technologies.
Vous allez remarquer que la définition que j’ai donné en haut n’évoque ni Ajax, ni RSS, ni blog, ni API, ni tagcloud, ni mashup, ni crowdsourcing… ni tous les outils « cool » et à la mode qui gravitent autour de la notion du web 2.0 (voir billet : Le dico illustré du Web 2.0) et cela parce qu’ils ne sont que des outils dont disposent les internautes pour exercer leur pouvoir. Ils feront rapidement partie de l’histoire dès que de nouveaux outils plus puissants verront le jour.
Ceci dit rendons à César c’est qui est à lui, c’est grâce à ces outils que l’internaute a pu prendre le pouvoir; sans eux jamais la notion du web 2.0 n’aurait pu voir le jour.
November 19th, 2006 at 11:04 pm
Oui mais… dirais je, même si je suis d’accord avec tout ce que tu dis, je vois cela d’un tout autre angle, où la reprise du pouvoir par l’internaute n’est pas une conséquence, mais plutôt un moyen. Je m’explique : “pour moi(!!??!)” : le web 2.0 n’est qu’une transition économique. En économie, on nous à appris à l’école que nous étions passés de l’économie classique (vente de matière) à la société de service (vente d’immatériel). Et bien je crois que c’est juste cette révolution qu’est en train de vivre le web. Pourquoi je parle d’économie quand tu parles d’intervention, de partage et de pouvoir : parce que tout cela “pour moi encore” c’est de la poudre aux yeux, Yahoo, Google, MySpace et les autres c’est pas des geeks qui montent des serveurs web dans des garages pour la beauté du geste. Il font du business et du très gros business. Quand tu tags du contenu ou que tu en upload pour le partager, quand tu crée du contenu en écrivant sur ton blog, quand je réponds à tes posts, nous travaillons gratuitement (et avec le sourire) pour toutes ces boites en leur fournissant gratuitement la matière qui leur permettra d’attirer encore d’autre utilisateurs (ou devrais-je dire clients)… c’est tout simplement génial comme idée je trouve…
P.s : Salah-Eddine, macha Allah qu’il est beau ton prénom.
November 20th, 2006 at 1:45 pm
Bonjour Diagg,
Tout d’abord merci pour le commentaire.
En effet « l’économique » est aussi une clé de lecture et d’analyse du web 2.0. Toutefois je pense que ce n’est pas celle qui nous permettra d’avoir la meilleure définition du phénomène. Un bien dans une économie (classique ou immatériel selon ta définition) n’a de raison d’être que s’il satisfait un besoin client… ce qui nous ramène au pouvoir du client à accepter ou non un produit/service.
Si j’ai à faire une parabole avec le monde économique, je dirais que le web 2.0 est le passage d’une économie d’offre à une économie de demande. En effet dans le web 1.0 il y avait des fournisseurs de contenu qui avaient « tous » les droits sur le contenu publié, ils étaient au centre du web car c’est eux qui diffusaient le contenu, aujourd’hui avec le web 2.0 tout le monde (ou presque) peut diffuser du contenu sur le web soit sur un blog soit dans les sites des fournisseurs de contenu (via les commentaire, notation…) ou même devenir des alternatives aux fournisseurs de contenu classiques.
Et en ce qui concerne ta remarque concernant les finalités vénales des services web (Google, MySpace, Yahoo…)… Je répondrais : « So what ?… Et alors ? »
Il faudrait savoir que rien n’est gratuit dans ce monde ; Google, Yahoo, Microsoft et les autres mastodontes du monde des NTIC ont des charges (des ings à payer, de la R&D…) et c’est normale qu’ils essayent de se développer dans des voies qui leur permettent une pérennité même en offrant des services gratuits. Je ne vois pas de mal à voir des annonces sponsorisées répondant à ma requête ou mon besoin si on me donne un service performant à valeur ajoutée et gratuits (sans pour autant qu’il y ai de risques sur ma vie privée bien sûr). Et le jour où je trouverai mieux* que Google pour la recherche, que Yahoo pour le mail perso, Microsoft pour la messagerie instantané et les OS/logiciels (Windows/Office)… je n’hésiterai pas de changer et je pense que la majorité des utilisateurs feront la même chose. C’est ce qui explique le passage de Yahoo à Google pour la recherche, de IE à Firefox pour les browsers, de hotmail à Yahoo pour les mails…
* Mieux ici veut dire répondant mieux à « mon » besoin car je sais qu’il y a d’autres solutions (Moteurs de recherche, mailer, logiciels de bureautique, système d’exploitation…) qui sont considéré meilleures par d’autres utilisateurs et cela tout simplement car ils répondent de manière plus optimale à leur besoin.
PS : Merci pour ta remarque concernant mon prénom
July 14th, 2008 at 12:51 pm
[…] ce qu’est ce que le Web2, je lui ai expliqué comment moi je voyais le web2 (Voir mon billet : La définition 2.0 du web 2.0 Nov […]