Le Curator : un héros qui vous veut beaucoup de bien
Publié par Salah Eddine Benzakour le 8 fév 2011 dans 1. Professionnel | 15 commentairesContent Curation, avenir du web? : Pearltrees, Scoopit, RWW ont organisé hier une conférence sur le content curation… malheureusement je n’ai pas pu participé.
Ce matin j’ai lu un article de DarkPlanneur, Le Curator : un Emmerdeur qui vous veut du bien…en 6 points.
Selon l’auteur le Curator emmerde : Google, le Geek, le journaliste, le Documentaliste, le Blogueur, les boites de Brand Content.
Dans une perspective cela est vrai mais on peut dire aussi que le curator apporte du bien à Google, le Geek, le journaliste, le Documentaliste, le Blogueur, les boites de Brand Content.
Voici pourquoi je le crois vraiment :
1. Google
Google a été développé et pensé avant l’explosion du UGC, les résultats de réponses basées sur des mot clés et du PR ne vont plus couvrir l’ensemble du contenu disponible. La pertinence aussi est de plus en plus remise en cause avec les techniques de référencement « black hat » : ex : ferme de contenu automatique.
La présence d’être humains passionnés qui classe l’information et la qualifie peut aider Google à améliorer les résultats de recherche.
2. Le Geek
Pour le geek, la curation devrait être un mot tendance car elle redonne du sens à la puissance des robots. Il ne s’agit pas d’un combat « Man vs Machine » mais plutôt un complémentarité vertueuse au service de l’Homme.
3. Le journaliste
Je le disait dans une conférence pour des journalistes, le journalisme n’est pas un métier c’est une passion. La curation peut libérer les journalistes de la tâche basique de rapporter l’information (chose que Mme Michou arrive à faire de façon plus rapide sur son blog ou via l’appareil photo de son smartphone)… mais à se focaliser sur ce qui apporte réellement de la valeur ajoutée au niveau d’un média : Valider les sources, comparer des positions, apporter un éclairage, contextualiser…etc
4. Documentaliste
Avec les nouveaux outils de content curation le documentaliste a une vraie occasion de mettre en avant son expertise. Les outils de content curation sont pensé généralement pour un large public, imaginez disposer aussi de la compétence documentaliste… les documentalistes qui auront compris cela seront les prochaines stars du web.
5. Le Blogueur
Pour garder une relation continue avec son audience le blogueur doit maintenir un niveau de production élevé de contenu, ce qui est tout simplement une tâche qui prend beaucoup de temps si on rajoute à cela : la veille, l’interaction avec l’audience…etc. Avec du content curation le blogueur peut proposer un bouquet. Un ou 2 articles curés par jour et un ou 2 articles de fond par semaine.
6. Les boites de Brand Content
Plusieurs sociétés n’arrivent pas à se payer les services d’un rédacteur, car le contenu coûte cher (j’en sais quelque chose, j’ai géré un média santé où le contenu était créé par des professionnel de la santé… avec la baisse du CPM on arrivait même plus à couvrir le coût de l’auteur). Avec du content curation, les boites de brand content peuvent proposer un service avec un prix d’accès plus abordable. Là aussi on peut imaginer une offre combo : 20 articles curés, 4 articles créés, 1 newsletter par mois avec un abonnement mensuel… c’est un rapport gagnant-gagnant pour la marque (qui n’a pas forcement la compétence rédactionnelle en interne) et la société de Brand content.
Voici un schéma qui résume ma vision du content curation et du content curator :
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A votre avis, le curator serait un emmerdeur ou un héros?




Je sais ce que c’est!
C’est un imbécile inculte qui ignore que sous ce nouveau buzz word se retrouvent un ensemble de pratiques et compétences qui existent depuis la fin des années 90 dans la documentation, l’archivisme et les sciences de l’information.
Je sais bien que ça va se vendre 2-3 ans, comme le community management en son temps, et je pense que ça peut être fait avec un certain sérieux, voire un utilité certaine dans des cas hyper-particuliers.
Désolé de vous tomber dessus à bras raccourcis comme ça, mais essayer de bien séparer les choses en n’insultant pas les spécialistes de l’information (qui se marrent bien en moment soit dit en passant, voir http://en.wikipedia.org/wiki/Data_curation).
:-) Excellent!
Dans n’importe quel métier il y a un encrage dans le passé. Ceci dit je crois quand même qu’il y a un nouveau contexte qui mérite de revoir la façon de faire du content curation, les bases restent les mêmes certainement mais la façon de faire évolue.
Je suis d’accord avec vous qu’il peut y avoir un usage purement commercial en s’accrochant à une tendance et en réchauffant les arguments qui ont permis de vendre le référencement, les blogs, le community management… (les mêmes d’ailleurs des vendeurs de pioches dans la ruée vers l’or)
En tout cas merci pour le commentaire.
BTW : Qui a parlé d’insultes ?
Je parle métaphoriquement : il est insultant dans l’absolu de prétendre inventer un nouveau métier tandis que celui ci existe déjà . Un conservateur des bibliothèques qui travaille sur la valoris
Je parle métaphoriquement : il est insultant dans l’absolu de prétendre inventer un nouveau métier tandis que celui ci existe déjà . Un conservateur des bibliothèques qui travaille sur la valorisation des sources numériques, ça sonne peut être moins sexy dans l’univers corporate, mais c’est autrement plus sérieux et ambitieux que curator.
Ca n’est qu’un exemple, les application en entreprise existent déjà .
Pour prendre un autre exemple et enfoncer le clou, c’est comme si il y avait une mode des « façade designers » moyennement compétents en lieu et place des architectes.
Je comprend votre point de vue, toutefois je suis désolé je n’y adhère pas.
Même si la compétence peut être la même. Le rôle et la finalité du content curator tel qu’ils sont compris pour le moment sont différents du conservateur des bibliothèques.
Il n’y a pas d’invention c’est une évolution et en soi ce n’est pas une insulte au contraire c’est la preuve que la société a besoin d’une compétence, ce qui est gratifiant pour ceux qui l’ont pensé depuis plusieurs années.
Emmerdeur ou héros c’est selon la perspective qu’on veut adopter.
De mon côté je crois vraiement au rôle vertueux du content curator (ou si vous préférez l’appeler : Conservateur des bibliothèque qui travaille sur la valorisation des sources numériques et qui les partage en ligne).
Tant que le curator a ces compétences et l’expérience, je ne m’inquiète pas. Mais les plus prompts à annoncer ce nouvel eden commercial sont plutôt des imprécateurs qui ne s’engagent à rien, et relayent l’information pour remplir leur quota de tweets ou pour optimiser leur référencement.
Combien de naïfs vont-ils rester en surface et bêtement hocher de la tête en lisant les articles édifiants des auteurs influents ? Je vois des étudiants et des jeunes diplômés qui n’ont aucune formation dans le domaine de l’information et qui pensent pouvoir s’improviser « curator » (admettons le terme), come leur prédécesseurs brigaient des places de community manager.
comprendre Pearltrees ou netvibes ne fait pas de vous un veilleur, savoir créer un filtre sémantique ne fait pas de vous un « curator »…
Merci pour votre réponse. Je comprend votre point de vue qui est lié à la légitimité de l’expertise ou du moins la compétence d’un prétendu curator qui n’aurait pas la formation nécessaire pour assurer un travail du même qualité qu’un documentaliste.
Ceci dit de mon côté je me positionne par rapport à la valeur ajoutée que cette personne peut apporter à son audience. Je crois que le curator dans le contexte récent du UGC et du Web2 est pertinent même si la compétence n’est pas validée par des études… si quota il y a sur Twitter ou sur un blog, s’il n’intéresse personne le rebond est facile.
Du moment qu’une audience existe et apprécie l’effort d’un curator et rechercher, organiser et enrichir des informations, il n’y a pas de mal.
Peut être cette audience ne s’intéresserait pas au travail de très bonne qualité (en terme d’approche scientifique) d’un documentaliste mais qui ne répond pas au besoin basique d’une audience qui recherche du data snacking. D’un autre côté un doctorant qui a besoin d’aide pour trouver les bonnes sources ne va s’adresser à un jeune geek qui n’a pas la démarche d’un documentaliste.
En tout cas, ce qui me semble être le bon metric de mesure est l’audience et sa relation avec le curator. Si l’audience est heureuse et notre curator - »neo-community manager » ou « neo-documentaliste » – est heureux…que veut le peuple ;-)
Très intéressant ce débat et tout à fait dans la ligne de la conférence que j’ai contribuer à organiser (je fais partie de Pearltrees).
C’était un point marquant de la discussion, et je vais tenter de le synthétiser pour l’intérêt de la discussion. Le « curator » ou plutôt éditeur est une profession qui existe depuis les médias existent. C’est celui qui sélectionne des contenus, définit leur place dans un format particulier et les diffuse. Ces éditeurs s’appellent chef de rédaction dans un journal, DJ pour une playlist, programmateur pour une salle de spectacle…
Alors, rien de nouveau? Pas tout à fait. Un peu comme les plateformes de blogs ont démocratisé les métiers de l’écriture, les services de curation ou plutôt d’édition entendent démocratiser les métiers de l’édition. Le but n’est pas remettre en cause la qualité des professionnels de l’édition, juste de permettre à des éditeurs lambda de le faire pour eux-même et leur petite communauté.
Si vous voulez retrouver l’ensemble des discussions qui ont eu lieu lors de la conférence voilà un pearltree qui fait le point sur les discussions qui ont eu lieu lundi : http://pear.ly/MGu5
Un journaliste et un Justin Bieber sont des curators, les fourchettes et les stylos sont des outils.
Devrait-on se contenter de ce niveau de catégorisation ? Le consensus a un prix.
@Mael :
Le prix : La qualité ? la légitimation de la bêtise?
Si c’est cela, la réponse est : Je crois davantage à la qualité perçue. En effet si un public est intéressé par les qualités « curationistes » de Justin Bieber, en quoi ca dérange ceux qui ne s’intéressent pas à la musique de ce garçon.
Je ne sais pas si vous avez lu le livre Tribu de Seth Godin Voici une présentation vidéo chez TED : Seth Godin @TED
Je crois que le curator apporte de la valeur ajoutée à sa tribu, aujourd’hui Internet permet d’aller de site en site dans une fraction de seconde. Si un « Justin Bieber-like » n’apporte par de valeur ajoutée à un internaute, n’ayez aucun crainte…l’internaute zappe. Si quelqu’un arrive à avoir une « traction » autour de lui même si on n’adhère pas à sa vision du monde. C’est la liberté de chacun de suivre le curator qu’il souhaite.
« On a le curator qu’on mérite », n’est ce pas ? ;-)
Je parlais d’un consensus sémantique dont le prix serait la faillite du dialogue.
La langue crée des catégories pour faciliter la communication, et aussi parce que ces catégories ont une existence.
L’enjeu n’est que de trancher sur un contexte professionnel/commercial autour de cette notion de curation, mais il serait le même si un enfant persistait à appeler tous les récipients des « canettes ».
La médiocrité du contenu n’est pas réellement en cause.
Par contre je persiste sur la différence de rigueur dans la méthode. J’en profite pour préciser un point : je ne pense pas que le corps de métier ou le diplôme rende légitime à exercer une fonction.
De la même manière qu’un blogueur peut être un journaliste, ainsi que le rappelle le commentaire de François.
En tous cas malgré mes récriminations vous arrivez à vos fins : une définition du curator émerge, quand on élimine ce qu’il n’est pas et ne fait pas…
@Mael : Merci pour votre réponse.
L’usage du terme curator (ou plus précisément Content Curator) dans l’univers du web est récent, et je crois qu’on tend de façon globale à un consensus concernant sa définition : Dans le web trouver, enrichir (Catégoriser, vérifier les sources, contextualiser) puis diffuser des informations qui peuvent intéresser un public spécifique et qui correspondent à une ligne éditoriale du support du curator.
Cette activité dans le cadre d’une bibliothèque est remplie par un documentaliste, dans un musée par un conservateur, dans les médias traditionnels par un journaliste…etc
Je comprend le besoin sémantique de catégorisation, sauf que le contexte permet aussi d’apporter une identification plus fine, même si la catégorie semble large.
Ex: Si je vous dis « Ancre » ou « Navigateur » ou « toile d’araignée » ca peut évoquer les définitions globales, sauf que quand on rajoute le cadre « Web » ces notions ont une autre définition.
En tout cas, je crois que le fond de notre pensée est le même. Un besoin de cadrer la définition d’une nouvelle activité sur le web qui commencent à être à la mode (du fait de plusieurs raisons) et qui a besoin de se structurer, d’avoir des outils et un cadre global.
@François, merci beaucoup pour l’info.
Ma foi je ne suis pas sûr que le fond de notre pensée soit le même, mais le consensus de compréhension devrait suffire pour ce sujet en l’état.
Je n’aurait peut être pas dû parler de sémantique, qui a une forte connotation quand on parle d’internet, mais plutôt de significations, de concepts.
Hilary Putnam est ma référence à ce sujet. Je ne donc pas vraiment des tribus de Seth Godin. Peut importe, nous parlions pourtant de la même chose, et le débat était enrichissant !
Merci beaucoup Mael, en effet l’échange était enrichissant… une preuve que le content curation peut apporter de la valeur ajoutée ;-)
Vu que mon article n’est que du content curation de l’article de Dark Planneur.